Un adieu en septembre

Publié le par Soen

On est en juillet mais il fait pourtant froid ce matin là. L’herbe est humide et les rayons du soleil peinent à réchauffer l’air. La valse des exposants commence et chacun s’affaire à monter son stand. Parmi cette foule et ce tumulte, trois ou quatre d’entre eux s’organisent, discutent de la marche à suivre. « Plutôt à droite » dit l’un … « On pourrait passer par là » dit l’autre et chacun s’occupe à décharger l’étrange marchandise de la remorque. Du camion, on descend aussi les bannières … TRIBIKEALL

 

Un peu plus loin une autre marchandise attend son tour … Elle patiente, elle à toujours été là. Elle a toujours su interroger les badauds.

Quatre roues et une carrosserie noire bosselé. Il n’en faut pas moins pour intriguer la foule.

Qu’est ce que cette voiture fait là, parmi ces blocs de bois ? « Ils font quoi les gens papa ? ». La curiosité est piquée mais rien n’est encore joué. Il faudra attendre les premières heures de l’après midi pour que le ballet mi-aérien mi terrestre prenne place. Ce sont quelques bikers, appelons des trialistes puisque c’est leur nom, qui s’élancent sur cette zone de bois et d’acier. Passant d’un cube à l’autre avec une aisance toute relative, la foule est subjugué (enfin c’est ce qu’on espère).

 

Et elle, elle est là, elle patiente, comme toujours, sans dire mots, toujours prête à émerveiller et à rendre ce spectacle toujours plus insolite.

Alors, quand c’est l’heure, quand la foule en demande toujours plus, alors vient son tour. Elle ne bouge pas, solide comme un roc, sa base solide en fait un adversaire de choix pour ces trialistes.
Ils se positionnent devant elle, « un tour ou un tour et demi de pédale ? » s’interrogent-ils. Et il se lance, percutant de sa roue avant le capot de la voiture, donnant ainsi l’impulsion et la synergie qui lui permettra d’arriver au sommet de cette montagne noire. Il redescend avec autant de souplesse qu’il en est monté et la foule est bouche bée. Un second se lance dans le même combat, mais elle, elle ne se bat pas, elle attend, elle profite elle aussi du spectacle.

 

Après tout elle à une âme.

 

Et quelle âme. Elle est charitable, elle n’a jamais rien retrouvé à redire contre ces assauts répétés, contre la nouvelle robe noire qu’on lui a fait porter.

Elle a toujours été là, sur tous les spectacles, depuis des années.

 

Mais cette année à un goût amer et elle s’en rend compte. Cette année c’est la dernière année qu’on la sollicite. Ô, non pas qu’elle ait fait son temps, elle aurait encore de belles heures devant elle. Ce sont ces trialistes qui sont arrivé à la limite…

 

Elle a gagné le combat.

 

Quand le temps va, tout s’en va chantait Léo. Et comme le temps fait bien son effet, les trialistes tirent leur révérence, scellant du même coup le sort de celle qui aura rendu les spectacles plus beau, plus attirant.

Elle finira broyée, compactée … quel triste destin pour celle qui n’a rien dit … elle meurt en silence, ce silence qui a fait sa fierté durant ces années.

 

Alors aujourd’hui tu t’en vas … et nous aussi. On te souhaite de bonne chance là ou tu vas.

 

Merci à tous de nous avoir supporter durant tant d’années.

 

TRIBIKEALL

 

 

 

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